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La justice est l'une des bases de l'ordre social. Chaque
pays a son propre système judiciaire. Cependant, en raison des difficultés
persistantes auxquelles les systèmes judiciaires contemporains se trouvent
confrontés, la quête d'un système idéal continue.
Le monde entier aspire à ce système juridique idéal:
l'établissement d'un mécanisme juridique dans lequel chacun est pleinement
récompensé de ses actes sans subir une quelconque forme de discrimination.
Malgré les nouvelles méthodes, les approches différentes, les projets
et les solutions conçus pour atteindre ce modèle, l'exercice de la justice
s'apparente toutefois à une voie difficile encore à explorer.
La détérioration morale de la société est à l'origine
de ces dysfonctionnements. La détérioration, c'est-à-dire la simple conséquence
de ne pas adhérer aux valeurs ordonnées par Allah, cause du tort aux individus
dans tous les domaines.
Cette désagrégation est à l'origine des escroqueries,
de la corruption, de la tromperie, de l'injustice et des autres maux sociaux.
La vie quotidienne abonde d'exemples. Dans le cadre des affaires, il est
courant que l'homme d'affaires trompe son associé en détournant son argent
ou ses biens personnels, sans considération pour leur amitié de longue
date et la perte matérielle et spirituelle de son associé. L'individu
qui se laisse guider par son intérêt personnel ne se soucie guère des
valeurs telles que l'amitié, les liens familiaux, la spiritualité, la
cohésion sociale et la bonne moralité.
Toutes les relations que cet individu établit seront
sous l'influence d'un tel raisonnement puisqu'il ne tient pas compte du
fait qu'Allah est conscient de tout ce qu'il fait, ni du fait qu'il devra
rendre des comptes sur ses actes. Il ne se rappelle pas que l'escroquerie
n'est qu'injustice et il continue à s'enliser dans un raisonnement corrompu.
L'exemple suivant permettra de mieux comprendre: la
personne qui estime que l'escroquerie est un crime horrible l'évitera
strictement tout au long de sa vie. Or, l'individu appâté par le profit
personnel peut sans hésitation porter un faux témoignage contre quelqu'un
ou accuser à tort un innocent. Il prétextera des circonstances, de ses
responsabilités familiales pour justifier de son crime… Quelles que soient
les excuses, le fait est que la diffamation est blâmable.
Cet exemple se vérifie particulièrement lorsque les
intérêts des gens sont en jeu. Ce raisonnement vaut également pour les
voleurs, les escrocs et les oppresseurs. Dans une société qui grouillent
d'individus intéressés, l'injustice, les conflits d'intérêts et le chaos
sont inévitables.
Néanmoins, quelles que soient les contraintes, une personne
qui vit selon le Coran ne s'abaisserait pas à ces actes affreux et n'afficherait
pas un comportement contradictoire avec ses valeurs. Celui qui nourrit
une grande crainte pour Allah n'oublie jamais qu'un jour, il sera confronté
à chacune de ses œuvres et à chacun de ses mots. Seule la diffusion des
valeurs du Coran parmi les gens peut éradiquer l'injustice, qui est le
fruit de la détérioration morale (poursuite de ses propres intérêts, accumulation
de biens, non considération pour les démunis, etc.). Parce qu'à travers
le Coran, Allah ordonne à Ses esclaves de croire et de vivre selon ces
valeurs supérieures pour être juste:
" Ô les croyants! Observez strictement
la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce
contre vous mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse
d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est
plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions,
afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage
ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur
de ce que vous faites. " (Sourate an-Nisa', verset 135)
" Certes, Allah commande l'équité,
la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude,
l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous
souveniez. " (Sourate an-Nahl, verset 90)
L'injustice ne règnera pas dans la société où les individus saisissent
le sens de la justice telle qu'il est dans le verset ci-dessus. Parce
que l'environnement empreint des valeurs du Coran et de la Sunnah exige
un strict exercice de la justice. Néanmoins, certains systèmes juridiques
sont plus conciliants avec les criminels par égard pour leur richesse,
leur statut ou leur appartenance sociale. Or, la famille, la richesse,
le statut etc. ne justifient aucune exception. C'est pourquoi ce cas de
figure est peu probable dans une société où la justice véritable prévaut.
Quels problèmes émergent dans les sociétés où la vraie
justice n'est pas exercée ?
1. Le parjure augmente
Les témoins ont un rôle central dans la recherche de la vérité et dans
l'établissement de la justice. Sur le crédit de témoins oculaires, la
part du vrai et du faux peut rapidement être faite par conséquent de nombreux
cas peuvent être élucidés. Cependant, dans les sociétés où les valeurs
du Coran et de la Sunnah ne sont pas respectées, les témoignages sont
loin d'être fiables. Simplement parce que ceux qui n'adhèrent pas au Coran
et à la Sunnah peuvent monnayer très facilement leurs mensonges contre
un service. En agissant de la sorte, ils tournent le dos à la conduite
vertueuse, qui elle incite à dire la vérité et à défendre l'innocent.
Certaines personnes refusent de témoigner, quand bien même ce témoignage
est essentiel pour rendre justice, de crainte des représailles. Dans un
verset, Allah souligne l'importance de dévoiler la vérité:
" …Et ne cachez pas le témoignage: quiconque le
cache a, certes, un cœur pécheur. Allah, de ce que vous faites, est Omniscient.
" (Sourate al-Baqarah, verset 283)
Par méchanceté ou par haine, certains individus sont prêts à fabriquer
des témoignages de toutes pièces. Ils faussent la justice en détournant
les faits et en mentant dans leurs témoignages. Un hadith du Messager
d'Allah, le Prophète Muhammad (saws) explique l'importance de la sincérité:
" Adhérez à la vérité, car la vérité conduit aux
bonnes actions et les bonnes actions conduisent celui qui les fait au
Jardin. Si un homme continue à dire la vérité et fait de la vérité son
objectif, il sera reconnu en présence d'Allah comme éminemment véridique.
Evitez le mensonge, car le mensonge conduit au mal et le mal mène au feu.
Si un homme continue à mentir et faire du mensonge son objectif, il sera
reconnu en présence d'Allah comme un grand menteur. 1"
Ceux qui ne vivent pas selon les valeurs du Coran et de la Sunnah ne
respectent pas la justice, encore moins quand il est question d'intérêts
personnels. Jamais ils ne réfléchissent aux conséquences de leurs faux
témoignages. Ils n'ont cure de la souffrance des innocents condamnés et
enfermés à tort et de celle de leurs familles.
Dans le Coran, Allah accorde une attention particulière à cette situation.
Il nous commande d'être justes quelles que soient les circonstances:
" Ô les croyants! Soyez stricts dans vos devoirs
envers Allah et soyez des témoins équitables. Et que la haine pour un
peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez l'équité: cela est
plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement
Connaisseur de ce que vous faites. " (Sourate al-Ma'ida, verset 8)
Pour éviter l'injustice, le Messager d'Allah, le Prophète
Muhammad (saws) disait également: " Aucun d'entre vous ne devrait
juger une personne alors qu'il est en colère. " 2
Aveuglés par la crainte, l'argent ou la convoitise, les gens dévient
de ce qui est droit et juste. Seule l'acquisition des valeurs du Coran
les guidera vers la voie du bien. Quelles que soient les circonstances,
quelles que soient la menace et la coercition, quel que soit le bénéfice
possible, les croyants ne tendent jamais vers le méfait, conscients qu'Allah
les entoure à tout moment. Ils sont conscients que dans l'au-delà, ils
devront rendre compte de toutes les mauvaises choses qu'ils accomplissent
ou disent. Dans un verset, Allah proclame que les esclaves du Tout Miséricordieux
ne font pas de faux témoignages:
" Ceux qui ne donnent pas de faux témoignages et
qui, lorsqu'ils passent auprès d'une frivolité, s'en écartent noblement.
" (Sourate al-Furqan, verset 72)
Il est nécessaire de noter que ceux qui placent leurs intérêts au-dessus
de la notion de justice récolteront tôt ou tard les fruits de leurs méfaits.
Le jour où ils auront besoin d'un témoin fiable, ils saisiront dans sa
pleine mesure l'injustice qu'ils ont commise. Que ceux qui ne souhaitent
pas expérimenter ce genre de situations s'efforcent de propager les valeurs
commandées par Allah et qu'ils adhèrent strictement aux principes moraux
du Coran !
2. La richesse et le rang deviennent des critères de jugement
En l'absence de référence aux valeurs du Coran et de la Sunnah, les individus
sont aujourd'hui évalués sur la base de l'argent qu'ils possèdent et du
statut dont ils jouissent. Ce raisonnement est commun à toutes les couches
sociales et donne lieu à de nombreuses situations à analyser.
L'attitude du vendeur est tout à fait évocatrice. Sa courtoisie et son
attention sont fonction du client: quand son apparence lui semble aisée
par son apparence, il le traite avec tous les meilleurs égards que le
client de modeste apparence ne reçoit pas. Ce comportement reste inchangé
même si ces clients dépensent la même somme. L'apparence et le statut
déterminent chez ce vendeur la manière de traiter les clients.
Ces critères ne sont pas valables pour le Musulman. Le croyant a de bonnes
manières envers tout être humain, simplement parce que c'est un "être
humain". Il n'assujettit pas ceux qui l'entourent à une quelconque
discrimination préjudiciable. Afin de jauger quelqu'un, il n'a pas besoin
d' " étiquettes ". Que la personne soit riche ou pauvre, qu'elle
vive dans une hutte ou dans un palais importe peu pour lui. La richesse
de vêtements, la beauté du visage, le prestige du diplôme, l'élévation
du rang social n'ont aucun sens pour lui. Allah, dans le Coran, mentionne
que seule la foi en Lui et la proximité à Lui comme étant les seuls critères
à appliquer dans la distribution de son amour.
3. Les problèmes de l'éducation
Tout individu a le droit d'accès à l'éducation. Rien n'empêche au nom
de la religion, de la langue, de la race ou du statut, l'homme à améliorer
ses connaissances. Toutefois, l'injustice sociale rend cela virtuellement
impossible, parce qu'elle crée des problèmes qui exigent des solutions
instantanées, le plus important étant bien évidemment la quasi-inexistence
d'une éducation gratuite. Dans beaucoup de pays, la pauvreté prive un
nombre considérable d'enfants et d'adolescents d'une éducation de qualité.
L'accès aux quelques écoles de qualité payantes est réservé à une minorité
privilégiée tandis que les individus ordinaires doivent se contenter du
minimum dispensé par le système public. Il va sans dire que les ressources
matérielles disponibles dans les écoles se répercutent sur la qualité
de l'enseignement.
Le libre choix du domaine d'études est recommandé dans la mesure où un
système éducatif qui donnent la possibilité aux individus de recevoir
l'instruction sur la base de leurs intérêts, dispositions, et compétences
s'avère beaucoup plus bénéfique et productif. Cependant, de nos jours,
les conditions économiques et sociales sont telles qu'elles contraignent
les étudiants à mettre un terme à leurs études ou tout du moins à s'orienter
vers un domaine qui ne leur tient pas à cœur.
La solution à ce type de problèmes sociaux réside dans le Coran, puisque
l'environnement empreint de ses valeurs ne laisse pas place à des services
éducatifs inadaptés. La sagesse et l'universalité émanant du Coran inspirent
aux Musulmans des solutions, entre autres, en matière d'éducation. En
outre, une telle société ne fait aucune distinction entre le pauvre et
le riche. Comme nous l'avons mentionné plus haut, ceux qui aiment Allah
dépensent le superflu au bénéfice des autres. Il suffirait de diriger
ces ressources excédentaires vers les différents domaines critiques tels
que l'éducation publique et la santé afin de juguler l'écart entre pays
pauvres et pays riches. Cela sous-entend que les pays riches transféreraient
leurs surplus vers les pays en développement sans rien attendre en retour.
Les questions liées à l'éducation ont une importance majeure pour les
Musulmans puisqu'ils sont tenus responsables de ce qu'ils inculquent aux
jeunes gens, et notamment de la sensibilité pour le Coran qu'ils transmettent.
Les principes qu'ils doivent transmettre doivent illuminer les signes
d'Allah sur terre et dans l'univers et rendre évident l'objectif ultime
de la vie. A défaut de cela, les jeunes générations, qui sont les réceptacles
des idéologies mécréantes deviendront des adultes improductifs, inutiles
pour leurs pays, nation et religion. De fait, les jeunes sont conditionnés
pour adopter des modes de vie malsains, se détourner des bénédictions
de la religion et finalement dévier. Certes, l'homme scrupuleux qui craint
Allah ne se risquerait pas avec une telle responsabilité.
4. Les inégalités hommes-femmes
Dans les sociétés dépourvues de réelle justice, l'inégalité entre les
hommes et les femmes est une question d'ordre social sérieuse qui génère
beaucoup de conflits. Dans certains pays, les femmes sont traitées en
citoyens de seconde-classe, voire même en proscrits. Perçues comme des
êtres fragiles en quête de protection, elles n'occupent pas de rôles dans
la société qui inspirent le respect ou l'autorité et sont souvent victimes
d'abus.
Dans les sociétés où de tels préjugés prévalent, une femme au parcours
remarquable peine à se faire accepter. En général, les femmes sont assimilées
à des êtres faibles intellectuellement qui manquent de confiance et de
détermination. Si cela est vrai, il faut élargir ce jugement à l'humanité
entière.
Parmi les candidats qui postulent à un emploi, les hommes sont habituellement
préférés aux femmes, à parcours égal, à capacités égales et à compétences
égales. Cette disposition explique pourquoi les opportunités restent très
limitées pour les femmes dans le monde des affaires.
D'autre part, l'identification de beaucoup de femmes à l'image que les
hommes leur associent les prédispose à accepter les rôles inférieurs qui
leur sont assignés.
La discrimination sociale entre les sexes a des conséquences frappantes
dans les pays en développement. En plus du droit à l'éducation et à l'emploi,
les femmes sont même dépossédées du pouvoir de décision en ce qui concerne
le mariage. Toutes les décisions personnelles qu'elles doivent prendre
sont confiées aux pères ou aux maris.
Des efforts qui sont constamment fournis pour apporter des solutions
à ces pratiques défectueuses, nous n'en citerons que quelques-uns uns
ici. Les associations de protection des droits de la femme, les mouvements
féministes, les séminaires, les études et les discussions aux noms de
la liberté et l'égalité n'ont pas vraiment apporté de solutions viables.
Dans la mesure où la solution universelle réside dans l'adhérence au Coran,
il est naturel que tous ces efforts fassent naître davantage de complications.
En effet, au sein de la société qui adhère au Coran et à la Sunnah aucune
distinction préjudiciable n'est faite entre les individus qu'ils soient
femme, homme, riche, pauvre, jeune ou vieux. La position sociale, la profession,
la richesse ou le sexe ne leur octroient pas de privilèges particuliers.
Les bonnes actions et la crainte d'Allah sont les seuls critères, comme
le traduit ce verset: "Et prenez vos provisions; mais vraiment
la meilleure provision est la piété. " (Sourate al-Baqara, verset
197) Le Coran s'adresse aux humains qui ont la foi en Allah et accomplissent
des bonnes œuvres, indépendamment du fait qu'il s'agisse d'un homme ou
d'une femme. Allah souligne l'importance de vivre selon les valeurs qu'Il
ordonne et Il ne fait aucunement la différence entre un homme ou une femme.
Quelques-uns uns des versets qui insistent sur ce point sont:
" Les croyants et les croyantes sont alliés les
uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable
accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à
Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est
Puissant et Sage. Aux croyants et aux croyantes, Allah a promis des Jardins
sous lesquels coulent les ruisseaux, pour qu'ils y demeurent éternellement,
et des demeures excellentes, aux jardins d'Eden [du séjour permanent].
Et la satisfaction d'Allah est plus grande encore, et c'est là l'énorme
succès." (Sourate at-Tawba, versets 71-72)
" Les Musulmans et les Musulmanes, les croyants
et les croyantes, les obéissants et les obéissantes, les hommes véridiques
et les femmes véridiques, les constants et les constantes, les hommes
humbles et les femmes humbles, les faiseurs d'aumône et les faiseuses
d'aumône, les jeûneurs et les jeûneuses, les hommes chastes et les femmes
chastes, les hommes et les femmes qui se rappellent beaucoup Allah: Allah
a préparé le pardon pour eux et une immense récompense. " (Sourate
al-Ahzab, verset 35)
" Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes oeuvres,
tout en étant croyant... les voilà ceux qui entreront au Paradis; et on
ne leur fera aucune injustice, fût-ce d'un creux de noyau de datte. "
(Sourate an-Nisa', verset 124)
5. Les problèmes auxquelles les femmes sont confrontées dans la vie
sociale
Dans les sociétés détachées de la religion, les femmes se retrouvent
dans de délicates situations, en particulier quand il est question de
divorce. Il est source de soucis pour la femme quand elle est économiquement
dépendante de son époux jusqu'au moment du divorce.
D'une part, la condition matérielle devient difficile pour les femmes
divorcées soit parce qu'elles n'ont plus le profil pour travailler soit
parce qu'elles n'ont pas droits à des aides sociales. D'autre part, elles
subissent la souffrance des relations à mesure que les exigences des deux
parties se font plus intransigeantes au moment du divorce.
Le Coran et la Sunnah règlent ces questions pour le croyant. Le respect
et l'amour ressenti durant le mariage perdurent entre l'homme et la femme
parce que le divorce est décidé d'un commun accord. Ils entretiennent
des relations courtoises au-delà du divorce du fait qu'ils ne se perçoivent
pas l'un l'autre simplement comme un homme ou une femme mais comme des
êtres humains qui ont foi en Allah, et donc comme les créatures les plus
élevées d'Allah.
Le Coran édicte de nombreuses mesures pour sécuriser les droits de la
femme après le divorce ainsi que son bien-être économique. Les versets
suivants nous informent du traitement et de l'assistance matérielle dus
à la femme suite à un consentement mutuel:
" Les divorcées ont droit à la jouissance d'une
allocation convenable, [constituant] un devoir pour les pieux. "
(Sourate al-Baqarah, verset 241)
" …Donnez-leur toutefois - l'homme aisé selon sa
capacité, l'indigent selon sa capacité - quelque bien convenable dont
elles puissent jouir. C'est un devoir pour les bienfaisants. Et si vous
divorcez d'avec elles sans les avoir touchées, mais après fixation de
leur mahr, versez-leur alors la moitié de ce que vous avez fixé, à moins
qu'elles ne s'en désistent, ou que ne se désiste celui entre les mains
de qui est la conclusion du mariage. Le désistement est plus proche de
la piété. Et n'oubliez pas votre faveur mutuelle. Car Allah voit parfaitement
ce que vous faites. " (Sourate al-Baqarah, versets 236-237)
" Que celui qui est aisé dépense de sa fortune;
et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce qu'Allah
lui a accordé. Allah n'impose à personne que selon ce qu'Il lui a donné,
et Allah fera succéder l'aisance à la gêne. " (Sourate at-Talaq,
verset 7)
Grâce à ces versets, on sait qu'après le divorce, il est illicite pour
l'homme de garder ce qu'il avait donné à son épouse pendant le mariage.
Tous les besoins de la femme divorcée en rapport avec le logement sont
également pris en charge pendant la période de 'iddah après le divorce.
D'après le Coran, il est également interdit d'hériter les femmes de force.
Lorsque les individus appliquent les conseils coraniques, les femmes
ne sont pas maltraitées ni déshonorées. Cela confirme que l'adhésion au
Coran est source de solutions.
6. L'égale répartition des ressources
Aujourd'hui, l'accès aux ressources entre les hommes
n'est pas égal. Le besoin en énergie d'un homme adulte s'élève à 2800
calories par jour. Les ressources nutritives disponibles sur la planète
suffisent à satisfaire les besoins de tous. Pourtant, une grande partie
du monde est exclue de ces bénéfices et plus de 800 millions de personnes
souffrent d'une extrême malnutrition. L'absorption quotidienne de calories
des 75% de la population mondiale (soit 4.03 milliards d'individus en
1991) est bien en dessous du niveau minimum requis de calories. En raison
de l'inégale distribution de la nourriture dans le monde, la proportion
de mal nourris varie suivant les pays. D'autres chiffres font état que
le coût approximatif serait de 40 millions de dollars pour satisfaire
les besoins fondamentaux (nourriture, boisson, eau, hygiène, santé et
éducation) des populations des pays en développement. Ce chiffre équivaut
à 4% de la richesse combinées des 225 personnes les plus fortunées du
monde. 3
Ces données statistiques traduisent également que les ressources excédentaires
dans certains pays ne sont malheureusement pas rendues disponibles dans
d'autres, bien que ce soit vital. Dans les pays riches, les ressources
inutiles restent inutilisées quand bien elles seraient transférables vers
les pays pauvres d'Afrique.
Les inégalités mondiales ne se font pas seulement sentir au niveau de
la nourriture et de l'eau. Elles causent également de sérieux problèmes
dans les services de santé. Aujourd'hui, les moyens financiers dont disposent
les pays développés permettent d'importantes avancées dans la recherche
médicale et donc la prévention et la guérison de maladies.
En revanche, dans les pays sous-développés et en voie de développement,
les problèmes de santé mineurs représentent des menaces sérieuses.
La lèpre est une maladie bactériologique insidieuse qui se développe
principalement dans la " ceinture de pauvreté " du globe. Cette
maladie, qui afflige l'humanité depuis toujours, peut être traitée assez
facilement de nos jours. Alors que seuls quelques cas isolés sont reportés
dans le monde développé, la lèpre continue à faire des victimes dans les
pays pauvres. La longueur et le coût du traitement expliquent pourquoi
cette maladie persiste dans ces régions. Pourtant, le fait est que l'aide
médicale des pays riches pourrait largement contribuer à éradique ce fléau.
Quand les problèmes de santé sont pris en compte globalement, la lèpre
ne semble être que la partie visible de l'iceberg. Dans les pays sous-développés
d'une part, la technologie est impotente face à de nombreuses autres épidémies
; d'autre part, les faibles moyens financiers ne suffisent pas à mettre
un terme à ces maladies. Cependant, un premier pas vers la solution aux
questions de santé consisterait à s'organiser rationnellement pour transférer
l'équipement inutilisé qui dort dans les entrepôts des pays riches vers
les pays pauvres.
Les inégalités globales se reflètent aussi en matière de disponibilité
des technologies de l'information. Les pays développés investissent massivement
dans la recherche sur les techniques agricoles d'irrigation, afin d'accroître
les zones cultivables et éventuellement exploiter les terres stériles
comme les déserts. Aujourd'hui, le pouvoir des technologies de l'information
transforme les systèmes d'irrigation. Les systèmes d'irrigation assistés
par ordinateur ont pour objectif de minimiser les pertes en eau, de canaliser
l'eau directement à la racine des plants sous terre et donc d'économiser
la moindre goutte d'eau. Des projets sont en cours pour raffiner toutes
les ressources aquatiques, telles que l'eau de mer ou l'eau issue des
inondations pour un usage dans les déserts.
Ces méthodes agricoles modernes rendent la productivité possible même
dans les déserts. Assurément, il s'agit là d'une bonne nouvelle. Cependant,
l'accès à ces innovations se limite aux pays riches, tandis que les pays
en développement ne parviennent pas à exploiter les terres même fertiles,
et sont constamment menacés par la famine.
La presse et la télévision internationales consacrent à la misère humaine
des pages ou des heures entières d'audience afin de nous sensibiliser
à la situation de ces populations. Malheureusement, les solutions envisagées
ne s'inscrivent que dans des projets à court terme. Leurs résultats ne
sont pas durables et restent, par conséquent, marginaux.
La gravité de la situation exige des solutions rapides et applicables.
Aujourd'hui, de grandes quantités de denrées alimentaires sont expédiées
dans les pays pauvres. Lorsque cette nourriture ne s'avarie pas avant
d'arriver à destination, elle s'avère être en totale désadéquation avec
les besoins des populations locales. Les associations qui organisent cette
aide manquent de crédibilité, d'autant plus que la plupart du temps elles
sont rongées par la corruption.
Cet échec à élaborer des solutions concrètes est lié aux faiblesses morales
telles que l'égoïsme, les intérêts personnels, l'ambition, l'insouciance
… Pour soigner ces faiblesses, il suffit de communiquer le Coran à ces
individus et de leur rappeler qu'ils devront rendre compte de leurs actes
dans l'au-delà.
Comme nous l'avons mentionné dans les exemples précédents à propos de
la santé et de l'éducation, la justice mettra un terme à la majorité des
problèmes. Toutefois, il est utile de mentionner que par distribution
juste, nous n'entendons pas le partage en égale quantité mais la satisfaction
complète des besoins. Il est certain qu'un système d'irrigation spécifique
aux déserts n'aura d'utilité que dans une zone désertique. De même, il
est aberrant qu'un pays expédie des médicaments vers un autre, alors que
le pays expéditeur en a besoin. Ce qui importe, une fois de plus, ce n'est
pas que les citoyens disposent de la même quantité de biens mais de ne
plus voir les gaspilleurs se pavaner devant les démunis. En somme, il
s'agit d'éviter la création d'un fossé infranchissable entre les pauvres
et les riches.
Une fois qu'on adhère au commandement d'Allah: " Et ils t'interrogent:
" Que doit-on dépenser en charité? " Dis: " L'excédent
de vos biens. " " (Sourate al-Baqarah, verset 219), la distribution
juste prendra tout son sens et la paix apparaîtra spontanément.
7. La paix: la conséquence naturelle d'une véritable justice sécurisée
Une fois tous ces faits pris en considération, nous aboutissons à la
conclusion selon laquelle vivre selon le Coran assure une structure sociale
complètement juste, pour la simple raison que la moralité du Coran mène
à la sagesse.
L'égoïste, l'égocentrique, l'insouciant deviendront cléments, et leurs
préoccupations se concentreront sur le bien et la recherche de solutions.
Une telle approche correspondra simplement avec la fin des problèmes.
Quand la véritable justice règne, les individus ne se laissent pas aveugler
par leurs intérêts particuliers, ne s'abaissent pas à la fraude ni à la
violation des droits d'autrui. Les enseignements coraniques basiques incitent
à la coopération et à la clémence, sur lesquelles repose une société juste.
Dans cet environnement, la paix et la sécurité garantissent la sauvegarde
des intérêts d'autrui et de leurs droits. C'est pourquoi tous les musulmans
sont responsables de communiquer les valeurs prônées par Allah ainsi que
la juste religion dans le monde. C'est là un des plus importants attributs
du croyant:
" Que soit issue de vous une communauté qui appelle
au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce sont eux
qui réussiront. " (Sourate al-'Imran, verset 104)
" Ils sont ceux qui se repentent, qui adorent, qui
louent, qui jeûnent, qui s'inclinent, qui se prosternent, qui commandent
le convenable et interdisent le blâmable et qui observent les lois d'Allah:
fais la bonne annonce aux croyants. " (Sourate at-Tawbah, verset
112)
Allah mentionne ceux qui vivent selon ces valeurs et appellent les gens
à les suivre. Le salut est réservé à ceux qui détourneront les autres
des mauvaises oeuvres:
" Puis, lorsqu'ils oublièrent ce qu'on leur avait
rappelé, Nous sauvâmes ceux qui leur avait interdit le mal et saisîmes
par un châtiment rigoureux les pervers pour leurs actes pervers. "
(Sourate al-'Araf, verset 165)
Notes
1. Muslim Vol. 4 Hadith n°6309
2. Muslim Vol. 3 Hadith n°4264
3. le Courrier de l'UNESCO, mars 1999, p.22
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